Par le collectif Rural Rouge
Parmi les objectifs indispensables à l’inversion du rapport de force imposé par les classes dominantes, la mobilisation des classes populaires apparaît comme un horizon incontournable pour qui aspire au renversement du capitalisme.
Pour autant, les formes d’expression populaire et les mobilisations citoyennes se heurtent à un ensemble de contraintes symboliques, sociales et spatiales, héritées d’une lutte des classes savamment masquée par la modernité néolibérale. Cette batterie d’obstacle imaginée par les forces bourgeoises pour maintenir « un peuple qui se tient sage » se traduit par un renforcement de l’encadrement de la contestation populaire autant qu’elle conditionne les formes de participation autorisée et légitime. De la réforme des retraites au mouvement des Gilets jaunes, de Sainte-Soline aux mobilisations antifascistes, des luttes féministes et LGBTQIA + au soutien à la résistance du peuple palestinien, la criminalisation militante systématique et la répression policière des luttes sociales et écologiques sont là pour nous le rappeler.
Cette batterie d’obstacle imaginée par les forces bourgeoises pour maintenir « un peuple qui se tient sage » se traduit par un renforcement de l’encadrement de la contestation populaire autant qu’elle conditionne les formes de participation autorisée et légitime.
Si la résistance s’organise contre les multiples formes d’assignation sociale et territoriale pensées par l’État, le renforcement du contrôle des corps rend l’action collective plus complexe et s’incarne dans l’invisibilisation progressive des mobilisations populaires dans l’espace public.
Alors que des formes d’expression populaire ont émergé ces dernières années, à la faveur du mouvement des gilets jaunes ou des cahiers de doléance citoyenne, les tentatives de démobilisation et de fragmentation des classes populaires, qu’elles proviennent du bloc bourgeois ou du bloc fasciste, rendent plus incertaines encore un front commun des luttes. Cela est particulièrement vrai loin des centres urbains. Dans les espaces périphériques et ruraux où le sentiment de déclassement et la disparition des services publics y sont plus forts qu’ailleurs, l’idéologie d’intolérance de l’extrême-droite trouve une résonance forte. Dans ces aires géographiques particulièrement vulnérables, où les fractures sociales et territoriales pèsent sur la vie quotidienne des habitant·es, tout reste à faire pour unir les classes populaires et faire vivre en actes l’intersectionnalité des luttes.
Dans ces aires géographiques particulièrement vulnérables, où les fractures sociales et territoriales pèsent sur la vie quotidienne des habitant·es, tout reste à faire pour unir les classes populaires et faire vivre en actes l’intersectionnalité des luttes.
Pour son 3ème numéro, le Collectif Rural rouge a souhaité donner la parole à différents acteurs locaux, qui en Berry, en Poitou et en Limousin, luttent dans des champs sociaux différents pour donner une juste place aux classes populaires dans nos territoires ruraux.

Crédits photos :
1 – Manifestation, 2019 © Rural rouge
2 – Formes des luttes – CultureCommuns – Melissa De Vincenzo
