Le cas Festiv’En Marche
Par Eric Laurent
Quand nous avons fondé Festiv’ en Marche, association dont je suis le président fondateur, nous avons fait le pari de défendre la chanson française dite « à texte et d’expression ». Ainsi, depuis 2011, avons-nous fait venir, lors de notre festival qui se déroule sur cinq jours autour du week-end de la Pentecôte sur la petite commune de Mouhet (470 habitants), des chanteurs tels que Allain Leprest, Jacques Bertin, Romain Didier, Francesca Solleville, Gérard Pierron, Chloé Lacan, Nicolas Jules, David Sire… Mais, aussi, grâce au tremplin « Chanson de paroles », de jeunes – et moins jeunes – artistes ont pu venir y faire leurs griffes, dont un certain Gauvain Sers que nous avons suivi et soutenu de 2014 à 2016. Ce rendez-vous annuel est devenu un moment incontournable pour les amoureux de la chanson française, non celle qui ‘’saturent‘’ les ondes de la bande FM, mais celle des chanteurs qui ont « quelque chose à dire, à exprimer », celle des chanteurs (campés) en dehors des modes et du showbiz. Celle des chanteurs discrets, qu’il convient de découvrir, comme, en leur temps, le furent Brassens, Brel, Ferrat ou Ferré…
En plus du festival, il nous est très vite apparu évident d’élargir notre champ d’action. Festiv’ en Marche a ainsi multiplié ses activités tout en maintenant sa même optique : favoriser l’accès à la culture au plus grand nombre (en pratiquant notamment des tarifs attractifs), privilégier le spectacle vivant et de qualité. Pour cela, une programmation annuelle et diversifiée est mise en place, principalement en dehors de la période estivale et veillant à rayonner sur le territoire : spectacle en direction du jeune public, jazz en plein air (qui réunit également un public anglophone), soirée cabaret, soirée à thème, spectacle chez l’habitant… En moyenne, la programmation de Festiv’ en Marche est de 8 à 10 spectacles par an, rassemblant entre 15 et 200 personnes/spectacle.
« La Culture n’est pas essentielle, elle est vitale ! ».
Lors des dernières manifestations d’intermittents du spectacle, j’avais indiqué sur une pancarte « La Culture n’est pas essentielle, elle est vitale ! ». Je pense que cette phrase prend encore plus son sens en milieu rural. Loin de tout, les services publics se réduisant comme peau de chagrin, dépourvues de lieux culturels…, nos campagnes se vident et s’éteignent ! Plus que jamais, les acteurs de la culture ont un rôle majeur à jouer. Même si les temps sont durs et compliqués, il nous faut rester debout et pousser les gens à la réflexion, l’échange, la tolérance et le partage…
Géographiquement, nous sommes situés au bout du Département de l’Indre et de la Région Centre-Val de Loire, autant vous dire que, concernant les aides qui nous sont accordées, nous avons royalement les « miettes des miettes » ! Avant que cela fonde, voire disparaisse complètement, faisons-en sorte, avec nos élus, d’avoir une vraie reconnaissance des pouvoirs publics. Nous n’avons pas à rougir de notre travail et encore moins de ses fruits récoltés (et, j’espère, des graines semées). Et rappelons qu’un euro de subvention c’est – tout au moins dans notre cas figure – au moins 30 euros qui reviennent à la collectivité.
