Par Alexis Mazade
La pandémie de Covid-19 a radicalement changé la face du monde :
3 milliards d’êtres humains confinés, baisse inédite des émissions de gaz à effet de serre, prise de conscience du rôle fondamental des services publics…
Cette crise sanitaire a mis à nu les failles du capitalisme et démontrée l’urgence d’un changement radical de politique à l’échelle mondiale.
« Tirons les leçons d’une vision marchande de la santé »
Une fois cette tragédie surmontée, chacun sera en droit de se poser la question : tout doit-on recommencer comme avant ? Nous ne pourrons plus dire : « Nous ne savions pas ». Chacun sait désormais ce qu’il en coûte de délocaliser l’industrie française et de confier à des entreprises privées à l’autre bout du monde le soin de confectionner des masques et de mettre au point des vaccins. Chacun sait désormais ce qu’il en coûte pour notre planète de subir déforestation massive, pollution et agriculture intensive : la disparition accélérée des habitats naturels de nombreuses espèces et la prolifération des épidémies. Chacun sait désormais ce qu’il en coûte de produire à outrance pour réaliser les fantasmes superflus de la société de consommation au détriment de l’environnement. Chacun sait désormais ce qu’il en coûte de sacrifier l’hôpital public sur l’autel du libéralisme en poursuivant la suppression massive de lits en pleine crise sanitaire. Chacun sait désormais ce qu’il en coûte de livrer le destin de notre pays à des gouvernements autoritaires, qui instaurant des Pass policiers, musèlent les libertés et entèrent l’Etat de droit. L’ampleur de cette crise mondiale révèle avec une acuité particulière la justesse des discours politiques qui s’opposent au libéralisme économique.
Dans nos campagnes, davantage touchées qu’ailleurs par les inégalités territoriales, les habitants subissent les effets de cette crise avec une intensité particulière. La persistance de la pandémie révèle des inégalités sociales manifestes, en particulier pour les populations les plus fragiles et isolées. La fracture éducative, accentuée par la fracture numérique, touche davantage nos enfants. Face à cette crise sanitaire, le désengagement massif de l’Etat et la suppression de nombreux services publics de proximité pèsent lourd sur nos campagnes.
« L’urgence de remettre en cause le capitalisme »
Il ne s’agit plus désormais d’interroger notre modèle de développement comme le suggèrent les gouvernants mais de le remettre radicalement en cause. Alors que le gouvernement a différé la réforme des retraites, les salariés devront-ils travailler encore plus longtemps et les actionnaires du CAC 40 payer moins d’impôts ? Alors qu’il n’était plus nécessaire de respecter les règles budgétaires imposées par Bruxelles en temps de crise, les services publics devront-ils demain se soumettre à nouveau aux cures d’austérité ? Alors que des milliers de cinémas, de théâtres et de librairies ont dû fermer leur porte durant les confinements, allons-nous laisser la place à des géants de la distribution comme Amazon qui profitent de la crise pour accentuer leur bénéfice tout en imposant des conditions de travail indignes à leurs salariés ?
Cette pandémie démontre l’urgence de changer de politique. « Le jour d’après » devra être celui du réinvestissement massif dans des services publics de qualité, accessibles à tous. Un programme de rupture basé sur la justice sociale, l’égalité, l’écologie et la solidarité, pour mettre fin à la logique capitaliste qui a érigé la concurrence en valeur absolue. Le remède réside non dans la réduction de la dépense publique mais dans l’augmentation des recettes de l’Etat grâce à une fiscalité plus juste. Les milliards existent : rétablissement de l’ISF, lutte contre l’évasion fiscale, suppression du CICE… Les plus riches doivent contribuer à nouveau à la solidarité nationale, dont ils sont exonérés depuis trop longtemps.
