Par le collectif Rural Rouge
En terre berrichonne, les dernières échéances électorales se sont traduites par un vote important en faveur des représentants du système capitaliste, les uns portant l’étendard du libéralisme, les autres du fascisme, sans que les représentants d’une alternative sociale et écologique ne parviennent à renforcer sensiblement leur ancrage électoral, contrairement à d’autres territoires comme le Limousin (Creuse et Haute-Vienne).
Alors que la crise sociale, économique et énergétique démontre l’urgence de résister à une politique gouvernementale au service des plus riches qui aggrave les inégalités territoriales, détruit nos emplois et asphyxie nos villages, le second quinquennat de Macron risque de sonner le glas de notre modèle social, conquis de hautes luttes et hérité du Conseil National de la Résistance (CNR) : réforme des retraites, assurance chômage… Cet horizon libéral, imposé en l’absence de toute légitimité démocratique par le recours systématique à l’article 49.3 de la Constitution, aura de graves conséquences sur l’avenir de nos campagnes populaires, déjà durement touchées par la disparition des services publics, la concentration monopolistique des services dans les grandes métropoles et la désertification médicale.
« Cet horizon libéral, imposé en l’absence de toute légitimité démocratique par le recours systématique à l’article 49.3 de la Constitution, aura de graves conséquences sur l’avenir de nos campagnes populaires »
Pour autant, les nombreuses luttes écologiques et sociales en cours pour défendre nos territoires ruraux viennent éclaircir l’horizon des luttes et démontrent que la résignation ne peut être de mise : mouvement social contre la réforme des retraites, bataille du rail à Argenton-sur-Creuse pour l’avenir de la ligne POLT, lutte écologique contre la Méga-Porcherie de Feusines, mobilisations des gilets-jaunes en Berry pour la justice sociale et la dignité, combats féministes contre la domination patriarcale, soutien au projet d’installation d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) à Bélâbre, mobilisations syndicales pour préserver nos emplois industriels (Alvance Wheels), poursuite de la lutte du Comité de défense des usagers de l’hôpital du Blanc…
Ce deuxième numéro de Rural rouge, journal local d’intérêt général, entend proposer un tour d’horizon des luttes en cours sur notre territoire populaire.

« Faire converger les luttes pour mobiliser nos campagnes populaires »
Sans convergence des luttes, point de salut. Dans nos campagnes populaires comme dans d’autres territoires, le paysage foisonnant des luttes contemporaines démontre l’importance des mouvements qui se dressent contre les inégalités, la violence et les discriminations produites par le capitalisme.
Comme le rappelle avec justesse Roger Martelli, « que le point de départ du combat « anti systémique » soit la lutte syndicale, la position sociale, le mal vivre, la mise à l’écart des femmes, l’angoisse de l’implosion climatique, les valeurs humanistes, la passion altermondialiste, le refus des discriminations ou la peur du fascisme : tout cela importe peu. Seule compte la mise en mouvement et l’unification des catégories populaires dispersées. »
L’enjeu est donc de réunir à nouveau ce qui ne l’est pas : exploités, dominés, dépossédés, discriminés. L’idée grandit sous bien des appellations, dans le Berry comme ailleurs, qu’il est donc nécessaire de passer de l’addition simple à la mise en commun pour prendre le pouvoir.
Photo de couverture : Manifestation à Châteauroux contre la réforme des retraites © Gabriel Bléron Ponroy
